LA QUALITE DE LA RCP: Un élément essentiel dans la chaine de survie

Réanimation cardio-respiratoire

La réanimation cardiorespiratoire (RCP) est une méthode permettant d’amener l’oxygène et la circulation du sang aux victimes d’arrêts cardiaques en pratiquant une respiration artificielle et des compressions thoraciques. L’arrêt cardiaque est le plus souvent causé par un rythme cardiaque anormal appelé une fibrillation ventriculaire (FV) durant laquelle le coeur perd sa capacité à pomper le sang et à diffuser l’oxygène par l’intermédiaire du sang. L’arrêt cardiaque peut également survenir après le commencement d’une crise cardiaque, suite à une électrocution ou une quasi-noyade.

D’après la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation, 50 000 cas d’arrêts cardiaques surviennent chaque année en France, avec une probabilité de survie de seulement 3%  à 5 % .1 Les victimes montrant des signes d’arrêt cardiaque resteront inconscientes, sans respiration, sans battement de pouls. Le manque d’oxygène peut avoir des incidences sur le cerveau de la victime et causer des dommages permanents à partir de la troisième minute sans oxygène.

Si la RCP est donnée immédiatement après un arrêt cardiaque soudain, elle peut spectaculairement accroître les chances de survie du patient en lui permettant demaintenir la circulation sanguine vitale vers le coeur et le cerveau.

D’après la Fédération Française de Cardiologie, une minute de RCP réussie équivaut à 10% d’augmentation des chances de survie pour le patient (3).

En plus d’une RCP, la victime d’un arrêt cardiaque par FV nécessite une défibrillation, réalisée en délivrant un choc au coeur pour éliminer tout rythme cardiaque anormal suite à une VF et pour permettre au rythme normal de reprendre. Il a été constaté que la RCP pratiquée correctement augmente la temps d’efficacité du choc électrique provenant du défibrillateur.(4)

 Effectuer une RCP de qualité 

Plusieurs études indiquent que la qualité de la RCP pratiquée par les professionnels est améliorable.

Trop d’interruptions de RCP, une fréquence de compression trop rapide, une amplitude trop superficielle, l’hyperventilation, sont les problèmes de qualité de RCP les plus souvent rencontrés.

Ces publications mettent l’accent sur la nécessité absolue d’une qualité irréprochable de la RCP.

Il est démontré que la RCP est fondamentale pour voir augmenter les taux de survie des victimes d’arrêt cardiaque. Plus la RCP est précoce, plus la survie est élevée. Plus la RCP est de bonne qualité, plus les taux de survie augmentent

Lorsqu’une RCP est réalisée correctement, elle a de plus grandes chances de sauver une vie. Les directives du Conseil Européen de Réanimation (CER) sont mises à jour tous les cinq ans pour permettre d’améliorer la formation et la performance de la RCP, qui à son tour va augmenter les probabilités de survie. Les recommandations 2010 de l’European Resuscitation Council (ERC) ont été publiées lundi 18 octobre 2010 pour cinq ans. Plus que jamais ces recommandations insistent sur l’importance des compressions thoraciques de qualité pendant l’arrêt cardiaque. 

La recherche a également démontré que les données sur la performance de la RCP peuvent s’avérer réellement cruciales pour améliorer les résultats lors de la réanimation.(5)

A lire :

Augmenter la sensibilisation concernant la nécéessité d'améliorer la qualité de la RCP

La RCP sauve des vies chaque jour. Toutefois, une étude parue dans le New England Journal of Medicine a démontré que seulement près de 18 % des victimes d’un arrêt cardiaque survivent après avoir reçu une RCP. Bien que l’utilisation de la RCP soit largement répandue, la mort subite d’origine cardiaque et survenant à l’extérieur de l’hôpital, se trouve être dans le monde entier, la principale cause de décès chez les adultes des pays développés.(6)

Par ailleurs, peu de tentatives de réanimation réussissent si la RCP et la défibrillation ne sont pas données dans les minutes qui suivent l’effondrement de la personne. D’après le Journal of the American Medical Association, une RCP réalisée aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur d’une structure hospitalière ne suit ou n’adhère souvent pas aux directives énoncées et représentant la norme en matière de RCP.(7)(8)

 La recherche ayant largement montré que la qualité d’une RCP influence directement les chances de survie de la victime.(9) l’augmentation des probabilités de survie passe par une accentuation de la sensibilisation et de l’enseignement d’une RCP efficace mais aussi par des outils qui vont permettre d’améliorer la performance et la formation d’une bonne RCP.

La qualité de la RCP étant déterminante pour le pronostique vital , l'utilisation de dispositifs (sonores, visuels ou mécaniques) pour aider à la réalisation des gestes et le monitorage de la RCP sont encouragés pour améliorer la qualité du massage cardiaque externe.  


 (1) Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (2008) « Recommandations sur les indications de l’assistance circulatoire dans le traitement des arrêts cardiaques réfractaires » http://www.laerdal.com/fr/France/doc/rpc_ecmoacr.pdf

(2) Site d’information de la Fédération Française de Cardiologie « 1 vie 3 gestes »http://www.fedecardio.com/1vie3gestes/

(3) Site d’information de la Fédération Française de Cardiologie « 1 vie 3 gestes » http://www.fedecardio.com/1vie3gestes/

(4) Fédération Française de Sauvetage et de Secourisme, site d’information « Arrêts cardio-respiratoires » http://www.ffss.fr/web/114-arrets-cardio-respiratoires.php

(5) (2008) Archives de la médecine interne « Amélioration du processus d’arrêt cardiaque à l’hôpital et ses résultats après utilisation du debriefing sur la performance »

 (6) Plaisance, Lurie et autres (1999) « Comparaison entre une réanimation cardio-respiratoire standard et une compression-décompression active dans la réanimation faisant suite à un arrêt cardiaque extra-hospitalier »

 (7) Abella et autres (2005), JAMA, « Qualité d’une réanimation cardio-respiratoire lors d’un arrêt cardiaque à l’hôpital »

 (8) Abella et autres (2005), JAMA, « Qualité d’une réanimation cardio-respiratoire lors d’un arrêt cardiaque extra-hospitalier »

 (9) Ko et autres (2005), Réanimation, « Evaluation de la qualité de la réanimation cardio-respiratoire préhospitalière réalisée en examinant les archives médicales sur le défibrillateur semi-automatique et la survie des arrêts cardiaques constatés hors hôpital »